Né en 1956, Pascal BERTONNEAU découvre la technique du piano à 24 ans, après des études à l'école normale de Melun, et une expérience dans l'enseignement spécialisé, qui lui laissera un réseau d'amitié dans les milieux d'aide à l'enfance, et une sensibilisation sociale marquée. C’est en autodidacte qu’il va faire ses premiers pas, guidé par ses rencontres avec les techniciens de l’époque, souvent des anciens des usines Pleyel. Il est embauché comme accordeur par les pianos Anders après seulement six mois d’entraînement intensif et solitaire, choisi plus pour son permis de conduire que pour son expérience professionnelle, alors qu'on ne trouvait que très peu d'accordeurs voyants à l'époque. 

Il intégrera donc en situation les bases du métier.

Il devient artisan en 1981, et crée un atelier et une surface de vente à Montévrain, en Seine et Marne en 1985. Il vendra son entreprise, EUROCONCERT, à l’un de ses apprentis en 1999, à la fois pour se consacrer uniquement au service des pianos de concert, et aussi par manque de goût et d’aptitude au commerce. Celle-ci deviendra et restera jusqu’à aujourd’hui encore l’un des principaux fournisseurs français de pianos.

A partir de 1990, il se spécialise dans la location de pianos de concert et rencontre Michel PETRUCCIANI, dont il devient le technicien exclusif. Cette collaboration le conduit à travers toute l’Europe, de la Philharmonie de Berlin à la Scala de Milan en passant par toutes les salles françaises et les plus grands festivals Européens. Elle durera jusqu’à la mort de l’artiste en 1999, se doublant d’une amitié indéfectible construite au fil de la route et de la vie de tournée, dont il témoigne en image dans le film consacré en 2010 à l'artiste par Michael Radford. Il travaille des techniques de transport qui lui permettent de mettre en place un piano de concert seul en toute autonomie, il sera le premier utilisateur et importateur en France du « Pianoplan », machine de conception italienne qui permet de manipuler un piano de concert à travers escaliers et montées de scène.

Parallèlement, il fournit des Steinway « D » pour la plupart des artistes de renom dans tous les genres de musique. Il crée des liens professionnels réguliers notamment avec François René Duchâble, Martial Solal, Miguel Angel Estrella (dont il deviendra le producteur le temps d’un disque avec le «Cuarteto Dos Mundos »

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Observant au fil des tournées ce qu'est la pratique de ce métier à l'étranger, c'est lors de sa rencontre avec Angelo Fabbrini, technicien italien de renommée mondiale, qu'il prend conscience de l'existence d'une pratique de très haut niveau dans sa spécialité, l'accord et la préparation de pianos de concert. Il n'aura désormais de cesse de s'approcher de ce niveau, puis, au fil des années, de théoriser cette approche, dans le but de transmettre le fruit de son expérience.

A partir de l’année 2000 il collabore comme artisan avec les pianos HANLET au service concert, où il est chargé de la préparation des Steinway  «D », secondant dans un premier temps un autre grand maître, Hemut Klemm, dans les plus grandes salles parisiennes. Grâce à ce qu'il apprend en travaillant sur les pianos suivis par ce technicien hors pair, Il prend en charge les pianistes les plus exigeants, comme Arcady VOLODOS, Keith JARRET, qu’il suit dans tous ses concerts parisiens depuis 2002, ou Grigory SOKOLOV (collaborant, entre autre, au DVD réalisé par Bruno Monsaingeon)

Il retrouve aussi François René Duchâble lors de l’enregistrement à l’Opéra Royal de Versailles de l’intégrale des concertos de Beethoven, son travail fait alors l’objet d’un reportage et de commentaires de l’artiste, figurants parallèlement dans le DVD.

Il participe à l’enregistrement de nombreux disques, entre autre pour Michel Petrucciani, Dana Cioccarlie, Alexandre TARAUD, Keith JARRET, Michaïl RUDY, François CHAPLIN, Jean Louis HAGENHAUER, et beaucoup d’autres artistes.

Il sera, jusqu'à la fermeture de la salle, intervenant principal à Pleyel, où il prend en charge la préparation de pianos pour des artistes majeurs comme Martha Argerich, Arcadi Volodos, Yuja Wang, Lang Lang, etc...

Il consacre depuis quelques années une partie de sa pratique professionnelle à mettre au point une méthode alternative d'enseignement de l'accord, en théorisant le geste, et en introduisant de nouvelles utilisations des intervalles, à la fois dans la partition et dans ses reports dans le grave et l’aigu du piano.

C'est très naturellement qu'il est amené à imaginer le projet de Conservatoire des Métiers du Piano, concrétisant à la fois son désir d'enseigner, et celui d'amener des jeunes défavorisés à une pratique de haut niveau, en leur fournissant parallèlement une approche culturelle et humaine leur permettant de mettre en valeur le meilleur d'eux même à travers un métier qui, acquis dans ces conditions, ne connaîtra pas le chômage.

Hors du piano, ses goûts personnels et ses engagements le portent vers une certaine chanson française, ce qui l'amène, dans les années 2005 à 2007, à partager le quotidien du chanteur et auteur Allain Leprest.

Il constitue une éphémère « fabrique de chanson », où il enregistrera, en tant qu'ingénieur du son, (et préparateur du piano...) le disque « Chez Leprest », production du label Tacet, meilleur disque chanson de l'année selon Télérama, ainsi que 2 albums de Christian Paccoud, musicien de Valère Novarina et auteur compositeur interprète, extrêmement engagé socialement.

Il assure aussi, unique expression artistique publique de sa vie, 10 premières parties d'Allain Leprest dans un répertoire de François Béranger.

En dehors de cela, il s'est construit dans les années 80 une expérience d'amateur éclairé dans le pilotage de divers engins volants, avions, ballons à air chaud, hélicoptères, et, avec de plus humbles résultats, dans l'équitation de haute école de tradition française, auprès de maitres comme Nuno Oliveira et Michel Henriquet

Il est père de 3 enfants de 31, 28 et 7 ans et grand père d'une toute jeune Rose.