Alternative à l'apprentissage

Sans chercher loin, souvenons nous de la qualité de la classe de l'Institut de Jeunes Aveugles dans les années d'après guerre, une école à temps plein...

Le modèle français d'apprentissage, consistant en une alternance entre centre de formation et maître d'apprentissage, n'est pas la plus adaptée à ce métier. Il est donc temps de mettre en œuvre une véritable formation d'accordeur réparateur de pianos, comme elle existe partout ailleurs en Europe, et, complémentairement, de rechercher, éprouver les savoirs éparpillés, les techniques d'usine, les façons de faire à l'étranger, les techniques de maîtres de haut niveau dans les spécialités de pointe, dans le but de nourrir de l’extérieur les contenus de cet enseignement.

 

  • Je suis pour ma part maître d'apprentissage depuis 1986, alors que mon expérience et ma vue du métier d'alors, je le réalise pleinement aujourd’hui, était loin de m'autoriser à transmettre. Je ne m'estime capable d'enseigner ma spécialité, et uniquement ma spécialité (accord et préparation de concert) que depuis environ 10 ans, années que j'ai consacrées à rationaliser et codifier une méthode de transmission, tout en réfléchissant à une façon alternative d'enseigner l'ensemble. Je ne suis sans doute pas le seul à avoir dû, une bonne partie de sa vie, gérer ce décalage.​ 

 

  • Mes échanges avec beaucoup de jeunes collègues m'amènent à soulever un doute sur l'adaptation du centre actuellement chargé des sessions de formation des apprentis, à transmettre une vue suffisante du standard de qualité sur le marché international. Il représente, hélas selon beaucoup, l'acceptation de la situation actuelle, une méconnaissance en France de ce métier, souvent une sous-exigence, ignorant l'esprit « transcendant » d'une haute facture sur les instruments, de son importance dans les prestations d'artistes, autant que dans la conservation des instruments de concert ou historiques, et, bien sûr, auprès d'une frange de clientèle légitimement exigeante. C'est une situation très inférieure à celle qui existe en Allemagne, Suisse, Italie, Japon.... Tous des pays fabricants et exportateurs.

 

  • Les nouvelles tendance du marché, se recentrant sur le haut de gamme, comme l'arrivée en France de la marque de prestige Steinway and Sons, en direct, va sans aucun doute créer un appel d'air pour des techniciens formés au très haut de gamme, et par là pousser vers le haut l'ensemble de la profession. Il est indispensable de construire une formation correspondant aux standards internationaux, très au delà de nos critères français actuels. Seuls les accordeurs très bien formés seront, dans ce contexte, assurés à vie d'exercer leur métier dans des conditions satisfaisantes.​

 

Ces constats plaident donc pour un enseignement recentré sur une école autonome offrant une formation poussée en interne, dispensée par des professionnels reconnus pour leur excellence dans la spécialité qui leur sera confiée. De là sortirons, en trois ans, dont une année de stages rémunérés, d’excellents généralistes, à qui il sera offert en complément l'accès à la maîtrise dans différentes spécialités de pointe.